Bilan de la Marche Globale Contre le Travail des Enfants représentant 2000 organisations membres situées en 100 pays, y compris la Confédération Syndicale Internationale (ITUC)et l’Education Internationale protégeant les intérêts des travailleurs mineurs et des enfants qui restent invisibles du monde entier.
1,4 milliards de peuples vivant dans les conditions de la misère ou au bord de la misère font face à un avenir très sombre et une lutte très pénible pour survivre dans le monde en développement à cause de la récession économique. Notre expérience antérieure nous a appris que les heurts au niveau macroéconomique et l’instabilité politique ont joué un rôle important dans le cadre du travail des enfants et dans le taux de la scolarisation. On a observé le même phénomène en 1998 lors de la crise économique en Asie. Pendant cette période, on a témoigné une diminution dans le taux de la scolarisation mais une augmentation dans le travail des enfants âgés de 10 à 14 ans en Philippines. Cette crise a aussi augmenté l’exploitation du travail de jeunes filles en Indonésie et en Thaïlande. Nous avons aussi appris qu’à Surat, situé dans l’état du Gujarat en Inde, que la récession récente a diminué éclat de l’industrie de diamant de 10 milliards de dollars et a crée du chômage parmi plus d’une moitié d’un million de gens. Un grand nombre de travailleurs sont rentrés chez eux et ont forcé leurs enfants d’abandonner leurs études puisqu’ils n’ont pas de ressources économiques pour les protéger socialement et pour payer leurs frais de scolarité. Tout cela a obligé les enfants de travailler. Il existe ainsi une chute phénoménale dans le taux de la scolarisation. L’association des travailleurs de l’industrie de diamants et de pierres précieuses a proposé de fournir l’assistance permanente à seulement 36.000 enfants pour leur permettre de continuer leurs études dans les écoles parce que leurs parents font partie d’une main d’œuvre formelle. Une grande partie de cette main d’œuvre est de nature informelle qui n’est pas couverte d’aucune protection sociale. Elle encourage un travail mal payé, rémunéré à la base journalière. Depuis plusieurs mois, les travailleurs de diamant ont signalé à la presse, les incidents de 71 suicides commis par des travailleurs après qu’ils ont perdu leur travail. Pouvons- nous imaginer l’avenir des enfants? En Afrique, à cause de la récession mondiale, la demande pour les matières premières de l’industrie a diminué, y compris le pétrole au Nigéria, en Angola et en Guinée équatoriale et le cuivre en Zambie. Les pauvres en Zambie qui cultivent les fleurs étaient en mesure d’envoyer leurs enfants aux écoles mais maintenant les importateurs des Pays-Bas ont annulé leur contrat. Au Sénégal, on a rencontré une baisse considérable dans les versements vers l’intérieur de la part de 15% de la population vivant à l’étranger qui contribue en principe, une somme de 2 milliards de dollars par an pour augmenter le revenu familial jusqu’à 70% ou 7,6% de PIB. La Banque Mondiale prévoit une chute considérable dans l’aide de 95 milliards de dollars, envoyée aux pauvres du monde entier par les versements vers l’intérieur pour soutenir les familles pauvres et pour permettre quelquefois aux pauvres d’envoyer leur enfants aux écoles pour leur procurer un meilleur avenir. Les experts ont peur que 2,4 milliards de Latino américains ne perdent leur travail à case de la récession actuelle. Si on n’arrive pas à entreprendre des mesures avec urgence, le taux de la pauvreté augmentera entre 10% et 15% pendant cette année, dans leur région. D’après les prévisions de développement de FMI pour l’Afrique, parmi les 21 pays considérés comme les plus faibles ,15 se trouvent en Afrique. Les enfants en sont les pires victimes : d’abord ils sont retirés de l’école et ensuite ils sont obligés d’exercer le travail des enfants.
La Réunion de Printemps du Comité de Développement de FMI / BM se tiendra dans le contexte de la récession économique critique. Tout cela a engendré le problème de liquidité et la situation s’est aggravée par la réaction de panic des institutions financières mondiales qui ont fait sortir rapidement le capital des pays pauvres ainsi que par la dévalorisation des monnaies étrangères et une chute soudaine dans la Bourse. De plus, les sanctions sur le commerce a aussi exacerbé la situation dans le contexte domestique en créant des obstacles dans l’exportation des marchandises, produits, matières premières et dans le secteur des services. Cela a résulté en un grand recul en économie et en opportunités. Les chefs des gouvernements de G-20 se sont réunis à Londres en avril 2008 et ont considéré des mesures pour offrir un stimulus aux grands commerces et au FMI en vue de favoriser les droits spéciaux d’emprunt des pays pauvres en leur accordant un crédit de commerce de 250 milliards de dollars à un court terme et une autre aide de 100 milliards de dollards pour les pays en voie de développement. Il sera un grand défi pour nous d’étudier dans quelle mesure le stimulus économique pourrait être lié avec le développement du Sud. La Marche Globale et ses adhérents du monde entier s’inquiètent de l’effet de la crise mondiale financière sur les familles faibles et sur les enfants qui restent invisibles dans leurs conditions de travail. A cette fin, ils proposent les demandes suivantes aux Membres du Comité de Développement.
- Il y a un besoin fort d’avoir un stimulus économique centré sur le peuple, qui peut être atteint en initiant un dialogue social positif sur les mesures encourageant le développement économique pour la communauté et en renforçant un partenariat solide entre les agences, institutions, ONGs, partenaires sociaux.
- Réservez au moins 10 milliards de dollars pour une série de mesures visant à empêcher les enfants de ne pas abandonner leurs études et abolir le travail des enfants du marché de travail en un délai fixe, investir dans l’infrastructure des écoles, par exemple construire les bâtiments, fournir les services en système sanitaire d’eau , offrir les uniformes, gérer les cuisines de communauté pour donner un repas chaud par jour, offrir les manuels et autres provisions de l’école , permettre aux gouvernements de louer plus d’enseignants, former les enseignants en service et fournir des ressources modestes en terme d’argent liquide aux familles pour abolir le travail des enfants. Toutes ces mesures feront un saut dans l’économie locale et accorderont un stimulus économique au développement axé sur le peuple.
- Nous avons un besoin urgent d’avoir une politique cohérente et de poursuivre le programme de l’OIT en conformité avec les programmes de l’UNESCO, du PDNU et de la Banque Mondiale. Un bon exemple en sera de s’engager d’une manière concrète aux objectifs de L’Education pour Tous- Initiative Rapide ( EFA-FTI) pour soutenir les efforts du pays dans un esprit de possession, de responsabilité . Ces engagements vont contribuer à soutenir et à renforcerle Programme International sur l’Abolition du Travail des Enfants, mené par l’OIT dans un délai fixe et vont assurer que les objectifs poursuivis par l’EPT(EFA) et par l’Abolition du Travail des Enfants sont en conformité avec les uns et les autres.
- Il est important de reconstruire systématiquement la crédibilité du FMI en adoptant un système de gouvernance et en créant une possibilité de dialogue social pour renforcer le développement axé sur le peuple. Ce système doit être en conformité avec la nouvelle réalité d’aujourd’hui, résultat de la récession économique et qui doit exposer ses défauts.
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