JOURNEE MONDIALE POUR LA LUTTE CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS
“L’EDUCATION – LA REPONSE VRAIE CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS’’ -12 JUIN 2008
Cher(e)s Frères et Sœurs
Salutations du Secrétariat International,
Nous venons tout d’abord vous féliciter pour le succès franc qu’a rencontré la Semaine Globale pour l’Action, une initiative de la Campagne globale pour l’Education sur le thème "L’Education pour mettre fin à l’Exclusion”.
C’est ainsi plus de 7,5 millions d’adolescents, d’adultes, de professeurs et plusieurs personnalités politiques qui se sont retrouvés dans plus de 100 pays pour être sensibilisés sur l’importance d’une éducation de qualité pour tous et le fait pour chacun d’y avoir accès, initiative qui par votre grand nombre est un record dans le Guinness Book Record
Regardant les 10 ans d’activisme de Global March, nous avons observé que mener des campagnes a toujours constitué une arme redoutable dans notre combat pour mettre fin à l’esclavage.
Ces récentes années marquées par des fonds moins importants; mais cette motivation toujours présente et profonde de changer la vie de chaque enfant, nous avons pu mener et ce jusqu’à terme des campagnes de sensibilisation dans des zones sensibles comme l’Afrique, l’Amérique latine et l‘Asie du Sud qui ont apporté des changements remarquables mettant la question de la prise en compte des enfants et de leurs besoins au centre du système.
Ces campagnes ont ainsi permis dans le monde entier de reconnaitre la relation ‘travail des enfants – éducation’ permettant à Global March de former une cellule de travail globale sur le travail des enfants composé du BIT, de l’UNESCO, l’UNICEF, la Banque Mondiale, le PNUD, Education Internationale et Global March contre le travail des enfants.
La Journée Mondiale pour la Lutte contre le Travail des Enfants (WDACL)-12 Juin approche à grands pas et le thème de cette année est “L’Education – La Réponse Vraie contre le Travail des Enfants’’.
C’est donc un tandem qui va dans la droite ligne de la philosophie et la position de Global March sur l’élimination du travail des enfants.
J’espère que vous donnerez de la proéminence à GMACL et aux partenaires sous la bannière et les activités promotionnelles de Global March partout chez vous.
Il serait aussi particulièrement utile que vous initiez ou renforciez des partenariats avec différentes unions de travailleurs, fédérations de commerce et associations d’enseignants durant la durée de la campagne WDACL.
Comme vous le savez, WDACL a une signification toute particulière pour le mouvement Global March; il y’a quelque années de cela la voix des ‘Global Marchers’ a été entendue et s’est vu transposé dans le contenu de la convention N182 du BIT contre les pires formes de travail des enfants.
L’année suivante en 1999, la convention a unanimement été adoptée à la conférence du BIT à Genève le 12 Juin, marquant ce jour comme la Journée Mondiale pour la Lutte contre le Travail des Enfants
Pour notre part, nous nous engageons sans cesse pour la reconnaissance d’une société civile plus active dans la planification, l’exécution et l’évaluation des stratégies d’élimination contre le travail des enfants en droite ligne des recommandations de la convention No.182 du BIT.
Si vous avez d’autres questions relatives au dossier de présentation ou à de plus amples détails opérationnels sur la mise en marche du projet, prière de contacter le Secrétariat International de Global March, New Delhi – Inde en nous contactant au +91 11 4132 9025 ou par mail à info@globalmarch.org, abha@globalmarch.org ou abha.gm@gmail.com .
En Solidarité,
Kailash Satyarthi
Directrice Exécutive
Motivations sur le choix du Thème
‘‘Alice, son père ne pouvait lui offrir l’éducation au delà de l’école maternelle.
Il ne pouvait lui acheter du papier de quoi pouvoir écrire. Après l’école maternelle, Alice passait ses journées à présent à la maison. Ses amis se rendaient à la décharge publique pour gagner de l’argent. Elle avait besoin d’argent et désirait rester avec ses amis, à 8 ans donc elle s’y mit aussi à la décharge publique. Elle collectait des bouteilles, des chaussures, des sachets plastique et les vendaient directement aux personnes se rendant à la décharge. Elle ne rendait compte à aucun boss. Elle travaillait 8 heures par jour, de 9-12 h à 13-17h, six jours dans la semaine. Agée de 13 ans, elle arrêta de travailler et vint dans notre centre, ou elle se mit à apprendre l’alphabet. Elle en est à présent à sa 3e année d’études soutenue par ASA. Ses enseignants sont si fiers d’elle. Elle a même su convaincre 10 de ses amis d’abandonner le travail régulier à la décharge. Alice voudrait travailler pour une ONG qui assiste les enfants sans grand moyen à réaliser leur potentiel.
Elle rêve à présent de se rendre aux Etats-Unis pour se perfectionner dans la couture. Elle souhaite tant avoir sa machine à coudre.’’
72 millions d’enfants qui ont l’âge de se rendre au primaire et un plus grand nombre d’enfants en âge pour le secondaire ne sont pas à l’école. 82% d’enfants déscolarisés vivent dans des familles en milieu rural pendant qu’une étude suggère que d’autres enfants pourtant inscrits à l’école ne s’y rendent pas régulièrement.
Ces enfants font partie des 218 millions d’enfants travailleurs dans le monde.
Le droit à une éducation gratuite et obligatoire, au moins durant le primaire ou à la maternelle fait partie intégrante des lois internationales sur les droits de l’homme. La communauté internationale a aussi fixé ses propres objectifs qui sont d’assurer une éducation primaire universelle et d’éliminer les disparités entre les genres au niveau de l’éducation d’ici 2015. Il est estimé qu’il ya entre 200,000 et 300,000 enfants qui servent comme soldats à la fois pour des factions rebelles et les forces gouvernementales dans des conflits armés. Les enfants sont aussi victimes de trafics en tant que travailleurs forcés, domestiques, enfant soldats, amuseurs publics, mendiants ou encore travailleurs sur des sites de construction ou des plantations. En 2006, le Département d’Etat Américain a rendu public le fait que plus d’un (1) million d’enfants sont exploités dans le commerce mondial et vendu comme des animaux.
Selon le rapport 2006 du BIT, il a été constaté une baisse dans ces chiffres mais il reste toutefois un long chemin à parcourir.
Durant la Déclaration du Millénaire de Septembre 2000, 187 pays ont pris l’engagement solennel de construire un développement basé sur les principes des droits de l’homme et d’en faire une réalité mondiale d’ici 2015
Cet engagement s’est vu refléter par l’adoption de 8 objectifs de développement dit du Millénaire (ODM) associé pour chacun à des cibles et indicateurs précis.
Il existe des liens évidents entre le travail des enfants et les ODM, particulièrement une relation en ce qui regarde la réduction de la pauvreté (ODM 1), l’éducation pour tous (ODM 2), l’égalité des genres dans l’éducation (ODM 3) et l’emploi des jeunes (ODM 8).
Le rapport de progression 2007 sur les OMD révèle il est vrai des avancées positives, pourtant l’objectif par exemple d’assurer une éducation primaire universelle d’ici 2015 sera difficile a atteindre.
57 des 152 pays en voie de développement (38%) pour lesquels aucune statistique n’est disponible sont considérés off track – signifiant qu’on considère qu’ils ne pourront atteindre ces objectifs au regard de l’évolution actuelle.
33 autres pays qui ne peuvent fournir des données en nombre suffisant sont aussi considérés off track.
L’Education – La Réponse Vraie au Travail des Enfants
Le lien existant entre le travail des enfants et l’Education, bien qu’explicitement reconnu, n’a pourtant pas connu de formulation en termes de législation ni par les donateurs internationaux ou par les gouvernements des pays en voie de développement.
L’Education vu comme une clé pour donner une fin au travail des enfants doit être projeté au centre des discussions, ceci parce que de par le passé la législation existante sur le travail des enfants a été basé sur une notion biaisée qui consistait à dire que tant que la pauvreté n’est pas éradiquée, le travail des enfants ne pouvait que prévaloir; et dès lors que la pauvreté existe, les enfants devraient être protégés dans leur milieu de travail. Il en a résulté le fait que certains partenaires ont initié des systèmes parallèles d’éducation non-formelle, ou les enfants travailleurs recevaient une éducation à temps partiel; ou pire, on supportait une ‘unionisation’ des enfants travailleurs leur privant encore plus de leurs droits en tant qu’enfant.
Ces approches sont une déviation qui différencie les droits des enfants des familles pauvres de ceux privilégiées, rien qu’au nom de leur survie.
Ce présent document argumente que de telles approches sont inadéquates et contradictoires.
Pendant que la pauvreté constitue bien une raison sur le fait que nombre d’enfants sont forcés au travail, de récentes études suggèrent que la pauvreté n’est pas seulement un facteur enclencheur, mais aussi le résultat du travail des enfants.
D’autres facteurs contribuant au travail des enfants et en général toutes ses causes, comme un système éducationnel défaillant doivent être compris et incorporés dans des approches plus holistiques pour pouvoir mettre une fin au travail des enfants.
Tous et chaque enfant, sans avoir à être pré-désigné ‘enfant au travail, pauvre ou socialement exclu’ doit bénéficier d’un droit égal qui consiste à être libre de toute exploitation économique et recevoir une éducation gratuite, formelle et de qualité.
Une Education de Qualité comme un Droit à la Naissance
Chaque enfant nait avec des droits égaux. Les Droits de chaque être humain sont non-négociables et ne devraient pas être altérés par le statut économique ou social des individus. Quand le Droit à une Education de qualité est génialement reconnu comme un droit fondamental qui constitue un pilier dans la vie de tout individu, il ne devrait pas être avancé comme argument pour un gouvernement de dire qu’il est trop pauvre pour fournir une éducation, ou pour dire que certains enfants, qui ne peuvent supporter le cout d’une éducation doivent en être exclus.
Seulement quand les gouvernements de chaque pays et la communauté internationale réalisent que leur législation et les actions à entreprendre doivent être basées sur le principe qu’une éducation de qualité est un droit fondamental et non-négociable pour chaque enfant, seulement là l’éducation pourra véritablement émerger comme une garantie pour tous et un élément fort dans l’affirmation d’une société égalitaire.
Le Rapport Global d’Evaluation sur l’initiative ‘Education Pour Tous’ (EFA) indique malgré le fait qu’il y’ait eu un progrès perceptible et lent quant à assurer une éducation primaire universelle, on a toujours 72 millions d’enfants en âge de se rendre au primaire qui n’y sont pas dont 44 million de filles. Ce rapport dixit: ‘L’Education pour tous (EFA)….nécessite une approche inclusive qui doit refléter notre volonté d’accorder une attention particulière à certains groupes qui sans cela; n’auraient pas accès a l’éducation et à la formation.’’
Ce rapport en appelle à des législations visant à ‘‘toucher les intouchés’’, dont la nécessité de bannir le travail des enfants.
Un grand nombre de déscolarisés est constitué d’enfants travailleurs ; c’est ce groupe d’enfants – un total de 10-20% à la base de la pyramide qui constitue le réel challenge en vue d’assurer une éducation pour tous. C’est seulement en examinant puis en surmontant les barrières à l’éducation que rencontrent ces enfants travailleurs que l’éducation pourra véritablement toucher ce groupe. En bien de manières, combattre le phénomène des enfants travailleurs constitue un test grandeur nature pour évaluer la santé du système éducationnel dans les pays développés – les enfants travailleurs devant être (ré)insérés à l’école, devront démontrer comment inclusives et accueillantes toutes les écoles sont pour ces enfants.
Global March applaudit la Convention No.138 du BIT qui permet aux enfants dont l’âge est compris entre 13 et 15 ans de s’engager dans un travail léger, sous conditions que le travail est ‘‘(a) en mesure de ne point affecter leur santé ou développement ; ainsi que (b) de ne porter aucun préjudice à leur fréquentation à l’école, leur participation à des programmes vocationnels ou de formation dument approuvé par l’autorité compétente ou leur capacité à bénéficier de l’instruction reçue’’ (C138, 7.1)
Il doit être souligné que le travail des enfants bien que reconnu comme étant acceptable dans de tels cas par la Convention peut toutefois être dommageable si cela interfère avec l’habileté pour un enfant de participer à son éducation pris dans son sens le plus complet.
Se rendre régulièrement aux cours n’est pas le seul facteur qui montre qu’on est partie prenante dans une éducation de qualité. La communauté internationale doit tout autant s’assurer que chaque enfant a l’opportunité d’exceller au plus haut niveau dans ses résultats. Ce faisant, chaque enfant devrait donc être en mesure d’apprendre en dehors des distractions non nécessaires ou de la dureté d’un travail.
Global March croit fermement pour sa part que mettre une fin à l’exploitation économique des enfants ne pourra seulement être possible que lorsqu’une éducation gratuite, obligatoire et de qualité est assuré pour tous les enfants sans aucune distinction de genre, race, religion, de statut social ou économique. L’élimination du travail des enfants et une éducation pour tous sont à notre avis les deux cotés d’une même pièce. L’un ne pourra donner la pleine satisfaction attendue sans l’apport de l’autre. Avec l’appui des gouvernements, des agences internationales et de la société civile qui ont pris un engagement de ne point laisser mourir Education Pour Tous (EFA) du à un manque de fonds, l’élimination du travail des enfants devient un objectif réaliste qui peut être franchi. Tous les partenaires devraient pouvoir donc prendre en compte cette donnée indissociable dans l’élaboration de législations, prise de mesures juridiques, l’allocation des budgets et de l’aide au développement pour faire en sorte que chaque enfant vive sa pleine enfance non pas avec des objets mais bien des livres dans les petites mains.
Il ne fait aucun doute donc que le thème de cette Journée Mondiale pour la Lutte contre le Travail des Enfants “L’Education - La Réponse Vraie contre le Travail des Enfants’’ est l’approche la plus effective qui devrait être adoptée par tous les partenaires et leaders de la société pour mettre un terme à l’exploitation des enfants.
Global March se propose ainsi d’organiser une campagne avec les membres de Global March à un niveau régional; ce thème épousant parfaitement la philosophie et la position de Global March sur l’élimination du travail des enfants.
Sources: Rapport sur les Objectifs de Développement du Millénaire, 2006, p.7
2 EFA Rapport Global d’Evaluation 2007, p.67
3 EFA Rapport Gobal d’Evaluation 2007, p.69
BIT, Combattre le travail des enfants par l’Education 2008,
Toucher les Intouchés-Notre langage en commun – Cellule de travail globale sur le Travail des Enfants et l’Education pour Tous -2007
Global March en appelle aux Gouvernements
- Ratifier et mettre en œuvre la Convention No.138 du BIT sur l’âge minimum à l’emploi, la Convention No.182 sur les pires formes de travail des enfants et la Convention sur les droits de l’Enfant et ses 2 protocoles additionnels dans un délai précisé.
- Amender les lois nationales si nécessaires, pour faire correspondre le contenu des Conventions mentionnées ci-dessus et s’assurer que les lois nationales sur l’âge de sortie de l’éducation obligatoire et l’âge minimum à l’emploi correspondent bien.
- Rendre l’éducation obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, rendre l’éducation gratuite pour tous, dont doit y être inclus les uniformes, les livres syllabiques, les repas scolaires, le transport et toutes les autres formes cachés d’un cout à l’éducation.
- Donner une seconde chance aux enfants travailleurs et autres déscolarisés qui n’ont pu bénéficier de l’opportunité d’avoir accès à une éducation obligatoire à l’âge approprié.
- Mettre sur pied un Comité National sur le Travail des Enfants et l’Education qui coordonnera tous les efforts permettant d’assurer une éducation de base pour mettre fin au travail des enfants, ce comité pouvant inclure les Ministères du Travail, de l’Education, des Finances, du Bien-être social et autres ministères appropriés, agences pour l’application des lois, la société civile et les enfants
- Investir, au moins 6% du PNB afin de couvrir l’éducation de base pour tous les enfants.
Global March en appelle aux Pays Donateurs et a la Communauté Internationale:
- Mener jusqu’à terme leurs programmes et législations en vue pour mettre une fin au travail des enfants.
- Honorer leurs engagements financiers pris au sein du cadre d’action de Dakar pour s’assurer que tous les enfants sont à l’école primaire.
- Eponger la dette et supprimer les conditionnalités accompagnant l’aide extérieure, permettant aux pays en développement avec des plans nationaux effectifs et avec un tempo raisonnable d’investir de manière plus accrue parmi les enfants.
- Investir plus de 0.1% du PNB dans l’aide internationale qui va directement au bénéfice des enfants, spécialement pour mettre une fin au travail des enfants et assurer une éducation pour tous.
Global March en appelle au secteur privé:
- S’assurer qu’il n y’a aucun enfant au travail engagé dans aucun segment de la chaine de production/distribution.
- Donner des compensations minimum aux travailleurs adultes et s’assurer que les lois sur le travail sont connues des entreprises.
Global March en appelle à chaque individu:
- En apprendre d’avantage sur la réalité du travail des enfants et rapporter tout incident aux autorités appropriées et aux ONG.
- Boycotter les produits et commodités qui ont été confectionnés à la sueur du front d’enfants travailleurs.
- Renforcer le mouvement Global March en participant à nos activités
- Faire passer le mot autour de vous.
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